Publié le 17 avril 2026
Découvrez l'univers poétique et coloré de l'artiste Piment Martin, qui signe la couverture des éditions de printemps !
Crédit photo : @ metronomi
Portrait

Découvrez l'univers poétique et coloré de l'artiste Piment Martin, qui signe la couverture des éditions de printemps !

Un univers poétique et coloré
Art
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Art contemporain, Portrait, Portfolio

Couleurs franches, scènes intimes et héritage créole : l’illustratrice lyonnaise compose un univers aussi solaire que sensible. Illustratrice et directrice artistique basée à Lyon, Piment Martin — alias Marion Begue — développe un univers immédiatement reconnaissable, où la couleur structure le regard autant qu’elle porte le récit. Nourrie par ses racines réunionnaises, ses voyages et les détails du quotidien, elle compose des scènes à la fois graphiques et sensibles, où le banal se charge d’émotion. C'est une artiste Omart et elle signe la couverture de ce MokaMag. Rencontre.

Crédit photo : @ Jardin

Bonjour Marion, comment vas-tu ?

Salut MokaMag, très bien et merci pour l’invitation !

Le pseudo Piment Martin, hérité d’une expression créole et aussi le surnom que te donnait ta grand mère quand tu étais petite, est devenu ta signature. En quoi ce nom continue-t-il d’infuser ton univers et ta manière de te raconter ?

Piment Martin signifie « petite canaille » (rires) et c’est à la fois ma signature et mon point de repère. Ce nom incarne tout ce qui m’a construite depuis l’enfance : j’ai grandi au sein d’une famille aimante, profondément marquée par la culture réunionnaise, très présente dans notre quotidien. Les voyages réguliers pour retrouver ma famille à La Réunion ont éveillé en moi un goût prononcé pour le voyage, l’exotisme, la découverte, les cultures, ainsi que pour les paysages, les formes et les couleurs d’ailleurs. Aujourd’hui, toutes ces influences nourrissent mon travail. Piment Martin, c’est aussi le point de départ de mon aventure personnelle d’artiste et illustratrice.

Tu évoques souvent des « théâtres du quotidien ». Comment construis-tu ces scènes ? D’où vient cette envie de mettre en tension féminité, nature et objets familiers ?

Les petites scènes que je représente dans mes illustrations sont inspirées de moments que j’ai observés, ou bien imaginées autour d’un objet qui me touche particulièrement. J’aime penser que les objets possèdent une forme de pouvoir, capable de créer un lien émotionnel avec nous. En tant qu’illustratrice, j’ai la liberté de me les approprier, de les associer à ce qui m’inspire, de transformer les formes et les couleurs pour en proposer ma propre interprétation, ma propre poésie.J’aime aussi que mon travail soit porteur de sens. Avec subtilité, j’y évoque la femme, sa condition, ce qu’elle est et ce qu’elle pourrait être aujourd’hui, mon amour pour la nature et pour sa préservation et tous les sujets qui m’animent.

Tes racines réunionnaises et tes voyages marquent ton travail. Quelles images, quelles sensations nourrissent encore aujourd’hui ta palette et tes compositions ?

Tout ce qui suscite en moi une émotion — une rencontre, un plat, un roman, une conversation… — devient une source d’inspiration. Je trouve que le quotidien est  une source inépuisable d’inspiration. Il suffit simplement d’être à l’écoute et d’éveiller ses sens. 

Crédit photo : @ Envol

Ta formation en direction artistique transparaît dans la précision de tes images. Comment cette rigueur structure-t-elle ton langage graphique sans brider ton imaginaire ?

J’aime que mes images racontent des histoires. Je travaille à partir d’une sorte de grille mentale à l’aide de petit croquis où les éléments principaux occupent une place bien précise. Pour le reste, je me laisse porter par l’inspiration et l’improvisation.

Entre illustration personnelle, direction artistique et collaborations (édition, céramique, marques), comment préserves-tu l’unité de ton univers ?

Complètement. Pour la petite anecdote, il y a encore cinq ans, je ne dessinais qu’en noir et blanc — sans doute parce que c’était plus simple pour moi à ce moment-là. Avec le recul, je crois que c’était une étape vers la couleur, qui s’est ensuite imposée comme une évidence. Aujourd’hui, C’est presque un acte engagé: une forme de résistance douce, une manière de réenchanter le quotidien et d’offrir un autre regard sur le monde - bien sombre en ce moment.

Y a-t-il une série ou une image dans ton portfolio qui incarne particulièrement ton travail aujourd’hui ?

La série d’illustrations issue de mon coloriage « Sous les tropiques » est sans doute celle qui reflète le plus où j’en suis aujourd’hui. C’est ma série la plus récente, la plus vibrante en couleurs, mais aussi la plus personnelle. Je l’ai pensée comme une collection de Polaroïds, faits de souvenirs de voyage réels et recomposés.

Ton univers est qualifié de « joyeux et engagé ». Où se loge cet engagement dans ton pratique ?

À plusieurs niveaux. dans mon travail lui-même : l’illustra-tion est pour moi un moyen de faire passer des messages. J’y glisse, avec subtilité, ce à quoi j’aspire et ce que je défends, sans chercher à choquer ni à transgresser frontalement. Je crois profondément au partage des idées et à la liberté de penser. Par ailleurs, je m’engage aussi plus concrètement en travaillant avec des publics dans le secteur social et associatif. C’est une façon de mettre mon art au service de causes qui me touchent.

Tu as développé ton univers en grande partie sur iPad. Quel est aujourd’hui ton rapport à la technique ? La main garde-t-elle une place dans ton processus ?

Je ne me définirais pas comme une artiste digitale, même si j’utilise aussi cet outil. Je me considère plutôt comme une artiste multisupports : chaque nouveau projet est pour moi l’occasion d’explorer et d’expérimenter de nouvelles techniques. Je peux passer de l’iPad à une fresque entièrement réalisée à la main, ou encore au façonnage de la céramique. Je ne m’impose aucune limite, ni dans les supports ni dans les pratiques — mon objectif étant avant tout de ne jamais m’ennuyer !

Enfin, quelle émotion aimerais-tu susciter chez un lecteur qui découvre ton travail pour la première fois ?

J’aime que les gens disent de mon travail qu’il est joyeux et qu’il fait du bien - qu’il agit comme antidépresseur au quotidien !

Propos recueillis par Carole Cailloux

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