Il a ce regard mi-espiègle, mi-enfantin, qui annonce déjà la couleur : chez Moguiz, tout part d’une observation minutieuse du quotidien, puis dérape — complètement.
Depuis qu’il a débarqué sur les réseaux avec ses personnages déjantés, l’humoriste s’est imposé comme l’un des nouveaux visages de la scène comique française. Trois millions d’abonnés plus tard, ses vidéos sont devenues des classiques instantanés, partagés autant pour leur drôlerie que pour leur justesse.
Derrière ce nom un peu extraterrestre — clin d’œil en miroir à « Guizmo », l’adorable créature du film Gremlins — se cache Thibaut, jeune trentenaire timide, qui se décrit comme invisible dans la vie réelle. C’est pourtant lui qui, en quelques minutes d’impro et une perruque vissée de travers, sait incarner un professeur à bout de souffle, une secrétaire hyper impliquée, un comptable envahi par ses angoisses ou encore un enfant beaucoup trop lucide. Une galerie de portraits à la fois humains et totalement absurdes.
Ce talent pour capter la faille, le tic, le détail de langage qui raconte tout, Moguiz le cultive comme d’autres font leurs gammes. Il observe, écoute, et restitue — sans jamais écraser ni moquer. Une filiation naturelle avec les Deschiens, Jacques Villeret ou Sylvie Joly, ces maîtres du rire tendre qui savent appuyer là où ça chatouille, sans jamais blesser. Après des débuts sur YouTube, l’humoriste a peu à peu affiné son univers. L’économie, son domaine d’étude initial, s’est éloignée. Les perruques, elles, sont restées — « possédées », dit-il en riant, tant elles semblent animer ses personnages avant même qu’il n’ouvre la bouche.
Aujourd’hui, Moguiz a franchi un cap. Avec Coucou !, son premier spectacle, il transpose son monde singulier sur scène. Une heure où il raconte son parcours et redonne vie à ses visages les plus cultes, dans un seul-en-scène qui oscille entre tendresse, folie et poésie. Car c’est bien là que réside la force de Moguiz : derrière les caricatures, il tend un miroir. Celui de nos petites lâchetés, de nos obsessions ridicules, de nos moments de bravoure aussi. Un miroir qui fait rire, mais qui résonne toujours.
De phénomène des réseaux, il est devenu un artiste à part entière. Et son « Coucou » invite à entrer dans son univers, accepter de sourire de nos travers… et de s’y sentir un peu chez soi !


