Publié le 17 avril 2026
Rencontre avec l'humoriste Greg Duth, pour son spectacle "Coquilles", en tournée dans toute la France.
Crédit photo : @ Arthur Veron
Interview

Rencontre avec l'humoriste Greg Duth, pour son spectacle "Coquilles", en tournée dans toute la France.

« Coquilles, ou l’ art de ne jamais jouer deux fois le même spectacle. »
Spectacle
|
Humour

Greg Duth revendique un stand-up sans routine, construit autour du jeu, du risque et de l’interaction avec le public. Rencontre.

Humoriste, comédien, créateur de contenu : qu’est-ce qui t’a poussé à faire ce métier ?

Ça faisait longtemps que j’en rêvais… sans le savoir. Je ne considérais pas ce métier comme une option de vie, faute de modèle à suivre dans mon entourage. J’étais pas trop nul en maths - le grand front sûrement - alors sans trop me poser de questions, j’ai fait une école d’ingé. J’ai beaucoup voyagé dans mes premiers jobs, c’était exotique mais il manquait quelque chose. Et un jour on m’a tendu un micro à un séminaire, j’ai fait marrer des gens qui m’ont dit « t’aurais dû être humoriste pas ingénieur », ce qui est un rare cas de compliment-critique 2 en 1. J’ai eu un déclic. J’ai tout plaqué, presque du jour au lendemain.

Crédit photo : DR

« Coquilles », c’est le titre de ton spectacle. Tu peux nous en parler ?

C’est un spectacle que j’ai commencé à jouer en 2024, et sa particularité, c’est qu’il n’est jamais le même. J’ai une vingtaine de passages qui sont travaillés, structurés — stand up, personnages, anecdotes, one-liners — parmi lesquels on pioche avec le public chaque soir. Ce ne sont jamais les mêmes qui sortent, jamais dans le même ordre, donc le spectacle est unique chaque soir. Et entre ces « coquilles », il y a pas mal d'interactions avec le public, donc pour moi c’est vraiment une nouvelle expérience à chaque levé de rideau.

Pourquoi ce choix de ne pas figer le spectacle ?

Pour rester sur la pointe des pieds, ne pas se retrouver dans une zone de confort. Ce qui me plaît, c’est le jeu, le risque, l’imprévu. Même s’il y a énormément de travail en amont pour l’écriture, ce côté aléatoire brise la monotonie. Il permet de se mettre en danger chaque soir, et j’adore ça.

Ce qui m'excite sur scène, c'est le jeu, le risque, l'imprévu. Pas la zone de confort.

Des vidéos qui semblent très inspirées du quotidien. C’est le cas ?

Comme dirait l’autre, « ça sent le vécu ». Mais on force le trait bien sûr. Je dis ça pour ceux qui, en commentaires, me conseillent de quitter ma femme sur le champ.

Il y a eu un moment clé dans ce succès sur Instagram ?

Oui, après de nombreux flops, le 15 juin 2025, on poste « Ce soir, il n’allait pas la faire calme ». Ma femme accouche le soir-même pendant que la vidéo décolle. Elle avait des contractions, et en même temps, on regardait le nombre de vues qui explosait, les partages, les abonnés qui arrivaient. C’était complètement fou. Après, pendant son congé maternité, on a publié une vidéo tous les deux jours entre deux couches. Il y avait une forme d’euphorie. C’était génial. Et être papa c’est pas mal non plus hahaha.

Comment expliques-tu ce buzz, alors que tu fais du stand-up depuis longtemps ?

Je ne prétends pas connaître les ingrédients du succès sur insta, c’est très mystérieux. Mais je pense que ce qui plaît, c’est qu’il y a un équilibre entre des sujets qui nous touchent tous, mon style personnel, ma patte (que j’ai développée pendant de nombreuses années) et un format très fort qui reste bien en tête. Notamment le gimmick « il n’allait pas gnagnagna ».

Crédit photo : @sambyose

Ton spectacle est-il dans la continuité de tes vidéos ou complètement différent ?

C’est moi sur scène, donc on me retrouve, comme dans mes vidéos, avec ma tête, ma patte, mon humour. L’univers est raccord. Mais le spectacle a été écrit avant le « buzz », même s’il est en constante évolution. La scène et les réseaux, ce n’est pas le même sport, et personnellement je me trouve meilleur sur les planches. Rassurez-vous, y’a quand même quelques clins d’œil aux vidéos.

Dans la vie, es-tu plutôt impro ou toujours avec un plan B ?

Dans le travail, je suis plutôt carré (mon côté ingénieur, peut-être). Dans la vie, je ne suis vraiment pas quelqu’un de stressé. Je suis assez impro, oui, dans le sens où je suis incapable, par exemple, de réserver un billet de train plus d’un mois à l’avance. Mes vacances me coûtent la peau des figues. Et le trac, je ne le ressens que 5 minutes avant de monter sur scène, et encore : c’est plus une forme d’excitation.

L’écriture de ce spectacle était-elle très cadrée ?

C’est un processus très long, l’écriture d’un spectacle de stand up. Il faut tester, se rater, recommencer. Ce qui est bien, c’est que j’ai mis des années avant d’avoir beaucoup de gens dans ma salle, donc maintenant je peux vous dire que je suis archi prêt. Et je suis bien entouré pour bien structurer le spectacle, notamment par mon metteur en scène Rabah Benachour.

Quelles sont tes influences, un artiste qui t’a marqué, au cinéma, au théâtre ou ailleurs ?

J’ai pas d’idoles en humour, j’en ai plus
dans le sport. Le premier one man show que j’ai vu en live, c’était Stéphane Rousseau au Bataclan. J’étais gamin et je regardais discrètement si mon père riait sur les blagues un peu « olé olé » pour savoir si je pouvais. Niveau influences, je regarde beaucoup de stand up, ici et à l’étranger. Dès que c’est un peu proche de mon style, j’évite, pour ne pas tomber dans le mimétisme.

Si tu devais te décrire sans te décrire — à la troisième personne, évidemment, version voix off de tes vidéos — que dirais-tu de Greg Duth ?

« Il n’était vraiment pas à l’aise avec cette question — parler de lui au premier degré n’était vraiment pas facile, cela s’apparentait à de la torture, comme un tour de table un premier jour de taff… »

Et maintenant, du tac au tac, sans réfléchir :

• Si tu étais un objet ? Une Game & Watch Mario Bros de 1983, que je viens de retrouver. J’adorais ce jeu : le but était clair, pas aussi compliqué que tous les jeux vidéo d’aujourd’hui.

• Une insulte ? Fonblard ! Ça sonne bien, en plus. Un énorme fonblard. C’est un mix entre bouffon et blaireau.

• Un film ? The Mask. Je suis resté bloqué dans les 90s.

• Une chanson ? « On a le temps » de L’Enfant.

• Un livre ? Coupe du monde 98, le livre d’or. Je suis un littéraire moi.

• Une chanteuse ? Larusso, icône de ma génération.

• Un animal ? Le béluga. Inutile d’expliquer, regardez la photo.

Propos recueillis par Carole Cailloux

En tournée pour le spectacle "Coquilles", dont le 5 juin 2026, Théâtre de la Madeleine, Genève, ainsi que le 10 juin 2026 à Lyon et le 9 octobre 2026 à Clermont-Ferrand.

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