Quand la fin du monde sonne le rassemblement des ultra-riches dans un bunker suréquipé, il ne faut pas longtemps avant que tout implose. Avec El refugio atómico, Álex Pina et Esther Martínez Lobato, les cerveaux créatifs de La Casa de Papel, signent une série aussi claustrophobe que clinquante, où les névroses valent plus cher que l’or, et où le danger n’est pas dehors, mais lové dans chaque recoin du bunker.
BIENVENUE À KIMERA, BUNKER CINQ ÉTOILES POUR APOCALYPSE SUR MESURE
Pas de braqueurs masqués ni de banques en flammes cette fois, mais une tension plus rampante, plus sociale aussi. Le monde s’effondre sous les bombes et les crises, et pendant ce temps, les plus fortunés s’enterrent... au sens propre. Direction le Kimera Underground Park, bunker de luxe high-tech, équipé pour survivre plusieurs années dans le confort absolu. Cocktails detox, séances de yoga, confessions en cabinet psy, potagers hydroponiques : la fin du monde n’a jamais été aussi bien marketée.
Mais dans cette arche dorée, la cohabitation vire au cauchemar. Deux familles liées par un passé trouble, des intérêts divergents, des rancunes anciennes, et une angoisse latente qui grimpe à chaque épisode : l’apocalypse ne fait pas de reset. Elle décuple.
UN HUIS CLOS TENDU, SATIRE D’UNE ÉLITE DÉCONNECTÉE
El refugio atómico n’est pas une simple série catastrophe. C’est un miroir à double fond, une critique sociale féroce emballée dans un thriller psychologique à haute tension. Ici, l’effondrement ne provoque pas de solidarité. Il révèle les fêlures, les vanités, les rapports de force. Entre paranoïa grandissante, secrets enfouis et manipulations sous vide, chaque scène semble scruter l’obsession contemporaine pour le contrôle, le confort, et la peur de manquer.
Dans cette micro-société refermée sur elle-même, l’oxygène manque autant que le discernement. Et la grande question devient : qui mérite de survivre ?

CASTING TENDU, RÉALISATION CISELÉE
On retrouve à l’écran un casting hispanique solide et multigénérationnel : Miren Ibarguren (Todos mienten), Joaquín Furriel (El Reino), Natalia Verbeke, Carlos Santos, Montse Guallar, mais aussi de jeunes révélations comme Alicia Falcó ou Pau Simón. La réalisation, confiée à Jesús Colmenar, David Barrocal et José Manuel Cravioto, assure une montée en tension précise, presque chirurgicale. Chaque épisode semble conçu comme une pièce d’échecs sous vide, où l’étincelle n’attend qu’un mot de trop.
UNE NOUVELLE BOMBE SIGNÉE ÁLEX PINA & ESTHER MARTÍNEZ LOBATO ?
El refugio atómico se positionne à la croisée de plusieurs genres : thriller sous pression, drame familial, série de survie, farce cynique. Le tout porté par une esthétique léchée et un propos acide sur le monde d’aujourd’hui — ses inégalités, son narcissisme, son incapacité à tirer les leçons même face à l’effondrement. Un vrai suspense social, haletant, dérangeant, qui questionne la notion de refuge : où se cache-t-on vraiment quand le monde s’écroule ? Et de quoi essaie-t-on de se protéger ?