Et si l’amour défiait les lois du temps ? Avec A Big Bold Beautiful Journey, le cinéaste Kogonada (After Yang, Pachinko) signe une odyssée lumineuse et mélancolique, qui s’impose déjà comme le grand film romantique de l’automne.
Derrière ce titre - que l’on pourrait traduire par Un grand voyage, beau et audacieux - se dessine une promesse d’évasion sensorielle, à la lisière du conte de fées et de la science-fiction. Pour sa première rencontre à l’écran, le duo Margot Robbie / Colin Farrell incarne deux âmes esseulées que tout sépare, sauf peut-être une faille temporelle. Entre envolées visuelles et vertiges intérieurs, A Big Bold Beautiful Journey explore les méandres du lien amoureux, entre poésie de l’instant et nostalgie de l’impossible.
UN RÉCIT ENTRE MIYAZAKI ET DEMY
Sarah et David, se croisent lors d’un mariage. Rien ne les prédestine à s’aimer – sauf peut-être une série de portes énigmatiques qui s’ouvrent sur leur passé. À chaque passage, un souvenir. À chaque souvenir, une émotion. Entre voyage intérieur et exploration magique, le film brouille les repères spatio-temporels pour mieux interroger les blessures enfouies, les secondes chances et la puissance de la rencontre.
Kogonada convoque ici ses influences cinéphiles : le cinéma poétique de Hayao Miyazaki, les comédies musicales en clair-obscur de Jacques Demy – et l’on pense notamment aux Parapluies de Cherbourg, dont le film partage le goût du romanesque et de la mélancolie colorée.

UN DUO MAGNÉTIQUE ET ASSEZ INATTENDU
Le casting aligne les étoiles. Margot Robbie, auréolée du phénomène Barbie, signe son grand retour après une pause liée à la naissance de son premier enfant. L’actrice, qui dit avoir vécu l’un des tournages « les plus magiques de sa vie », irradie le film de sa sensibilité et de sa justesse.
Face à elle, Colin Farrell, tout juste sorti de la noirceur de The Penguin, dévoile une facette plus intime, presque fragile, de son jeu. Leur chimie opère instantanément, soutenue par une mise en scène élégante et une bande-son envoûtante (mention spéciale au morceau « I Miss You, I’m Sorry » de Gracie Abrams). À leurs côtés, Phoebe Waller-Bridge et Jodie Turner-Smith apportent un souffle supplémentaire à cet ensemble chorale aussi généreux qu’élégant.
UN FILM QUI PARLE DE NOUS TOUS
Derrière son vernis féerique, A Big Bold Beautiful Journey aborde des thématiques profondes : le deuil, les regrets, la reconstruction, la mémoire. « Ce film parle de lâcher prise, de dépasser le traumatisme », confie Colin Farrell. Et Kogonada, une fois encore, prouve qu’il sait poser la caméra là où la douleur devient beauté, là où la fiction permet d’envisager un avenir réinventé.
Vous l’aurez compris, en jouant avec les dimensions du temps et du cœur, ce film romantique teinté de science- fiction s’inscrit dans la lignée des œuvres qui marquent une génération. Une aventure sensorielle, émotionnelle, esthétique – un grand, audacieux et beau voyage.
Rendez-vous en salle le 1er octobre. Et n’oubliez pas : parfois, pour avancer, il faut oser ouvrir la bonne porte !


