Disponible sur Apple TV+, Widow’s Bay est la nouvelle série de Katie Dippold, scénariste notamment de Parks and Recreation et SOS Fantômes. À l’arrivée, un drôle de mélange entre comédie grinçante, mystère et horreur, porté par Matthew Rhys, Kate O’Flynn et Stephen Root.
Bienvenue à Widow’s Bay, petite ville paumée de Nouvelle-Angleterre où le maire a une idée lumineuse : faire de ce coin frappé par une mystérieuse malédiction la prochaine destination touristique à la mode. Oui, pourquoi pas. Sauf qu’ici, les habitants ont quelques raisons de se méfier. Et nous aussi.
Au début, tout va à peu près bien…
La série prend d’abord des airs de comédie de quartier. Des personnages un peu cabossés, des histoires de voisinage, des ambitions municipales et une bonne dose de situations absurdes. On rigole, on s’installe. Puis ça dérape. Pas de gros panneau « ATTENTION, HORREUR » : Widow’s Bay préfère distiller le malaise, glisser un détail bizarre ici, une situation franchement inquiétante là. Et tout à coup, on se demande si on est encore devant une comédie.
On rigole, Et puis on flippe.
C’est probablement le meilleur truc de la série : elle passe du rire au malaise sans prévenir. Une scène peut commencer comme une blague et finir dans une ambiance franchement glauque. Et ça marche parce que les personnages, eux, restent parfaitement sérieux. Personne ne semble vraiment surpris par ce qui se passe dans cette ville. Ou alors ils font très bien semblant. L’humour noir est partout, mais l’horreur n’est jamais sacrifiée pour autant. Quelques scènes savent même installer une vraie tension.
Le brouillard cache bien son jeu
Il faut laisser un peu de temps à la série pour démarrer. Les premiers épisodes posent les bases, présentent la galerie de personnages et commencent à semer les indices. Mais une fois la mécanique lancée, difficile de décrocher. Les secrets remontent à la surface, les pistes se croisent et les révélations arrivent au compte-gouttes. Et, bonne nouvelle, le mystère tient la route jusqu’au bout.
Mention spéciale à Patricia
Dans cette joyeuse bande de personnages, Kate O’Flynn est particulièrement savoureuse. Son personnage de Patricia apporte une bonne dose d’absurde et devient rapidement l’un des visages que l’on a le plus envie de retrouver. Le casting dans son ensemble fonctionne d’ailleurs très bien : des personnages loin des silhouettes parfaitement calibrées des séries habituelles, ce qui colle parfaitement à cette petite communauté étrange et légèrement dysfonctionnelle.
Et visuellement, ça envoie
Brume, mer, maisons isolées, ciel menaçant… Widow’s Bay a compris qu’une bonne ambiance peut faire une grosse partie du boulot. La réalisation joue avec les contrastes : beaucoup de scènes très quotidiennes, puis soudain une séquence qui bascule dans quelque chose de beaucoup plus spectaculaire. Sans que cela ressemble à un défilé d’effets numériques.
14 Emmy. Rien que ça !
Et visiblement, les jurés ont eux aussi passé un bon moment à Widow’s Bay. Aux Emmy Awards 2026, la série a décroché 14 récompenses, un record pour une comédie sur une seule saison.
Meilleure série comique, réalisation pour Hiro Murai, scénario pour Katie Dippold, mais aussi récompenses pour Matthew Rhys, Kate O’Flynn et Stephen Root : difficile de faire plus clair. Ce qui pouvait passer pour une drôle d’expérience télévisuelle est donc officiellement devenu l’un des gros cartons de l’année.
On regarde ?
Widow’s Bay ne ressemble pas vraiment aux autres séries du moment, et c’est précisément ce qui fait son charme. C’est drôle sans être une simple comédie, flippant sans devenir une énième série d’horreur et suffisamment mystérieux pour donner envie d’enchaîner les épisodes…
Bref, une série qui commence tranquillement et finit par vous embarquer beaucoup plus loin que prévu. Et vu le carton des Emmy, on ne saurait trop vous conseiller d’embarquer !

