Publié le 21 octobre 2022
Stéphane Guillon
Crédit photo : © Pascalito

Stéphane Guillon

Que devient-il ?
Spectacle
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One Man Show

Dans ce nouveau spectacle, la presse vous trouve plus saignant, voire plus méchant…
Je n’ai pas cette impression. Je crois que ce spectacle s’inscrit dans la lignée de mes précédents. Le nouveau spectacle est peut-être plus personnel, me ressemble davantage. 

C’est le spectacle que vous avez le plus travaillé, dites-vous…
Le fait d’avoir été confiné 18 mois m’a donné un temps dont je ne disposais pas nécessairement avant, avec mes différentes activités. D’autre part, je n’étais pas entièrement satisfait du précédent spectacle pour plein de raisons. J’ai tenu à ce que celui-ci soit parfait, si tant est qu’on puisse arriver à un spectacle parfait. En-tout-cas, je voulais le revendiquer du début à la fin, en être content et fier. Je prends beaucoup plus de plaisir à jouer celui-ci que le précédent. Je sens aussi que le public répond très fortement présent. Tout ça m’a conforté dans l’idée que j’avais visé juste. En tout cas, que j’avais écrit un spectacle qui répondait à l’attente des gens, à ce qu’ils avaient envie de voir de moi.

Ajustez-vous vos textes en fonction de l’actualité ?
Absolument. Lors de cette tournée, j’ai essayé de réactualiser mon spectacle. Je parle des élections avec du recul et ajouté des textes, sur la Nupes par exemple, sur ce qui s’est passé cet été, la guerre en Ukraine…. Depuis mes premières représentations, j’ai retravaillé le contenu et je le retravaille toujours, c’est un exercice obligé. La qualité et la force du spectacle est qu’il colle énormément au quotidien, à l’époque, à l’air du temps. C’est truculent de travailler sur l’actualité immédiate mais comme une info chasse l’autre, il faut sans arrêt ajuster.
 
Le spectacle suit-il un fil conducteur ?
Oui, je pars du principe qu’après ces 18 mois de pause liés au confinement et à la covid, l’homme a compris de ses erreurs et que la société va mieux. Évidemment, l’ironie de ce postulat n’échappe à personne et on s’aperçoit au fur et à mesure que j’avance dans le spectacle que non, l’homme n’a rien appris de ses erreurs et que la société va de mal en pis.  

Je soigne particulièrement les extrêmes, mais le président Macron est aussi fort gâté.

Vous évoquez « 18 mois d’absurdités » Laquelle vous a le plus marqué ?
 
Une des mesures les plus absurdes était de devoir porter un masque dans un avion et de pouvoir le retirer au restaurant. Pour moi, c’était un non-sens total.
 
La gestion de la crise sanitaire a-t-elle changé votre regard sur nos gouvernants ?
Oh… Je crois que nos gouvernants ont été à la hauteur de nos attentes. On n’est jamais déçu avec eux… Donc, non, la crise n’a rien changé à mon regard. Ils ont fait fort, comme d’habitude. Ce n’était pas une situation très simple à gérer, mais on a quand même eu quelques bons moments de… rigolade, dirons-nous. 

Droite, gauche, centre, extrêmes… chacun en prend pour son grade ?
Oui bien sûr, j’essaie de faire plaisir à tout le monde. Je soigne particulièrement les extrêmes, mais le président Macron est aussi fort gâté. 

Les médias se trouvent-ils aussi dans votre collimateur ?
Évidemment, car je pense qu’ils ont une lourde responsabilité dans tout ce qui se passe. Ils ne sont pas épargnés et encore… je voulais écrire un texte mais pour le moment, je n’ai pas trouvé l’angle qui me satisfait. J’ai aussi très envie de les gâter. Ils sont une de mes sources de colère hebdomadaires, voire quotidiennes. 
 

Ce n’est pas moi qui dis du mal, c’est la société qui marche de travers.

Quelle est votre dernière exaspération en date ?
Le traitement de la mort d’Elizabeth II. Pendant 10 jours, on a eu que ça sur les chaînes d’infos, non-stop, H 24 jusqu’à la nausée. À se demander, mais où on est ? Quant au reste de l’actualité, les inondations au Pakistan, la réforme des retraites qui se prépare, la crise économique, la guerre en Ukraine… plus rien n’existait. On venait de passer 3 jours sur l’histoire du char à voile, sur un joueur du PSG qui pique un fou rire dans un avion privé et on trouve formidable de filmer Charles III dans son jet.  Ce qui indigne les médias un jour est considéré comme normal le lendemain. Finalement, tout ça est une vaste farce. 

La scène est le seul endroit où on peut s’exprimer sans filtre ? 
C’est en tout cas un endroit où les spectateurs ont fait le choix de venir. Je ne m’impose pas à eux, contrairement à la radio ou à la télé où j’apparais tout d’un coup dans la petite lucarne, devant des gens qui ne me supportent pas, qui n’ont pas demandé à ce que j’arrive chez eux. En tournée, quand on reste 1h50 avec des personnes qui ont choisi de venir vous voir, on peut les emmener beaucoup plus loin.  

Est-ce que ça vous fait du bien de dire du mal ?
Je ne dis pas du mal et je ne suis pas méchant non plus. Pour moi, l’humour est une soupape. J’essaie de transformer une colère ou une indignation, en rire. Je m’inscris vraiment dans ce registre-là. Ce n’est pas moi qui dis du mal, c’est la société qui marche de travers. L’humoriste ne fait que mettre une loupe grossissante et nous faire rire avec les aberrations et les non-sens de cette société. 

Vous n’avez plus de chroniques à la radio ni à la télévision. Ça vous manque ?
La radio oui, mais j’ai fini par me faire une raison. Ce projet n’est plus envisageable puisque les démarches que j’ai faites dans ce sens-là ont abouti à une fin de non-recevoir. Je n’en génère aucune amertume. Quand on veut travailler avec quelqu’un, le désir doit être réciproque. Je me rends compte qu’il y a encore une grande frilosité à mon égard et je vis avec. 
 

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