Il y a des projets qui se construisent à voix basse, image après image. Sour Soda Studio fait partie de ceux-là. Pas de départ spectaculaire, pas de rupture affichée mais un cheminement patient, nourri d’essais, d’erreurs, de retours en arrière et de trouvailles qui finissent par s’imposer.
Au départ, il y a le dessin, le papier, puis l’arrivée progressive du digital, jusqu’à l’IPad devenu un carnet de terrain. De cette pratique hybride naît un vocabulaire simple et direct : formes épurées, couleurs franches, silhouettes en suspension, éléments naturels, objets ordinaires et scènes légèrement décalées. Rien de démonstratif, mais une écriture visuelle qui se précise avec le temps.
Le nom dit déjà beaucoup de l’intention. Le « soda » évoque l’énergie immédiate, le plaisir visuel, quelque chose de vif et accessible. Le « sour » vient troubler cet élan, introduire une pointe d’acidité, une sensation plus ambivalente. Entre les deux, les images avancent en équilibre : parfois séduisantes, parfois dérangeantes, souvent les deux… Dans les compositions, les sujets s’invitent sans insister. Nature, fragilité des écosystèmes, consommation, ressources, déséquilibres contemporains : ces thèmes traversent le travail sans jamais prendre la forme d’un discours. Ils apparaissent par touches, dans une couleur, une texture, une association d’éléments. L’image ne commente pas, elle suggère. Sour Soda Studio se situe aussi dans un espace encore en mouvement. Pas de structure figée, pas de trajectoire commerciale installée, mais une recherche de terrains d’expression : édition, affiche, objet, livre, packaging, image animée… Chaque support devient une possibilité, un prolongement. Enfin, le projet fait le choix d’une présence discrète de son auteur. Non pas pour créer du mystère, mais pour laisser l’image occuper tout l’espace. Pas de récit biographique mis en avant, pas de parcours affiché : uniquement un travail à regarder pour ce qu’il est, ici et maintenant. C’est dans cette tension, entre spontanéité et léger décalage, que Sour Soda Studio trouve sa place : celle d’un langage visuel en mouvement, encore ouvert, encore libre…

