Il semble sortir d’un film des années 90 et a commencé la musique pour ressembler à Bob Dylan : notre caméra est pointée sur Sam Sauvage. Avec sa voix profonde qui semble venir d’un autre siècle, il nous a accueilli à l’Épicerie Moderne à Feyzin, juste avant son concert. Entre bienveillance envers ses concurrents et partage d’un amour pour les autres, ils nous parlent de sa vision de la musique.
« La meilleure école c’est de jouer devant un public qui n’en a rien à foutre de vous ! » Rit l’artiste. Sourire espiègle et cheveux en pétard, Sam Sauvage sourit à notre caméra. Dès la première question, il accepte de livrer sa vision de sa musique. « C’est une musique qui se veut humaniste, plus qu’engagée », confie-t-il. Sam Sauvage veut parler des autres, avant de parler de lui. Il s’inspire des autres pour ses musiques, ce qui lui permet de garder une emprise à la réalité. Aisément, il avoue que l’indifférence de son premier public l’a construit.
Une chose à retenir de Sam Sauvage : il ne manque pas d’humilité ! Il le croit dur comme fer : le public est le meilleur juge et le plus gros du travail, c’est de le captiver. Dans un monde qui « impose » la musique au public, le mieux c’est d’assurer derrière. Ayant passé la majorité de sa carrière dans des bars, il sait qu’une bonne relation avec un public coûte cher. « « Quand j’arrive à capter l’attention de quelques personnes, je sais que j’ai été bon et c’est le plus important ». Pour cela, il s’entoure des meilleurs collaborateurs et musiciens pour enchanter nos oreilles.
Quand j’arrive à capter l’attention de quelques personnes, je sais que j’ai été bon et c’est le plus important
Surtout, il traite du vrai, de ce qu’il voit dans la rue, de ce qu’on connaît. À la suite de son prix de « révélation masculine » aux Victoires de la Musique, il se sent fier. « Après 10 ans dans les bars, je l’ai pas volé celle-là ! » s’exclame-t-il face à la caméra. Anciennement concurrencé par les matchs de foots des bars, il s’impose face à d’autres artistes émergents comme Ino Casablanca et L2B. Avec bienveillance, il assume sa victoire mais ne se considère pas plus légitime que les autres. « Ino (Ino Casablanca) apporte quelque chose de frais dans les nouvelles variétés. L2B qui n’étaient pas dans mon style, ne déméritent pas : s’ils ont 6 millions d’auditeurs, c’est pas pour rien ! »
Entre ses débuts dans la musique, la vérité derrière son surnom farouche et son excitation des premiers zéniths : retour sur l’artiste qui n’a pas fini de nous conquérir.

