Un quartier entier pour terrain de jeu, cinq jours pour le traverser. Du 9 au 13 décembre, Arty Farty (aux manettes du Sucre et de Nuits sonores, entre autres) rallume S festival après une première édition réussie, pour une déambulation hivernale de la Brasserie Georges jusqu'au musée des Confluences.
« Est-ce bien raisonnable de lancer un nouveau festival dans ce contexte, où la culture est dans une situation extrêmement délicate ? » Question rhétorique de Vincent Carry, directeur d'Arty Farty, qui enchaîne : « Chez Arty Farty, on n'a jamais voulu opposer la gravité, la lucidité du contexte, et le fait d'y répondre avec le plus de conviction possible, au sens de la fête, de l'enthousiasme et de l'optimisme. »
Quatrième festival de l'association de l'année 2026, S s'ancre à Confluence, là où l'histoire a commencé il y a près de 25 ans. C'est ici qu'est né le Sucre en 2013, perché sur le toit de la Sucrière, et dès 2014, l'idée de ramener Nuits sonores dans le seul périmètre du quartier flottait déjà. S en est l'aboutissement.
Une porte après l' autre
Tout s'ouvre mercredi au Marché Gare, dans les anciens bâtiments du Marché de Gros, avec deux projets en pleine émergence : le duo Marta, violon, batterie et pédales tendus vers le dancefloor, et Oonagh Haines, qui marie électronique, R'n'B et doom metal. Jeudi, le circuit est repensé. Hôtel71, HEAT, Périscope et Sonic ouvrent l'un après l'autre, comme des portes que l'on pousse au fil de la nuit, pour se laisser ballotter de l'électronique à l'ambient, jusqu'au post-punk. La scène locale est elle aussi pleinement représentée dans cette programmation.
Pairing ! À la table de Lolo
Vendredi midi, rendez-vous sous les verrières Art déco de la Brasserie Georges, qui souffle cette année ses 190 bougies, fidèle à sa devise, « Bonne chère et bonne bière depuis 1836 ». Pour cette amitié au long cours avec Arty Farty, qui y attable régulièrement les artistes invité·es, il fallait un invité à la hauteur : Laurent Garnier, parrain de l'aventure, accordera naturellement ses morceaux… aux plats. Le soir venu, la glace de la patinoire Charlemagne se transforme en dancefloor, avec le public invité à patiner autour des DJ. Un format qui avait marqué les esprits l’an dernier , garanti « sans aucun blessé », sourit Pierre Zeimet, directeur artistique. Au Sucre, vendredi et samedi, les nuits se prolongeront avec des programmations club pensées dans l’esprit du festival.
Dimanche, les racines
S remonte aux sources de la techno. Ellen Allien ouvre la voie, elle qui était déjà aux platines lors de la toute première édition de Nuits sonores. Puis direction Detroit, avec la tête d'affiche : Underground Resistance. Fondé en 1989 par Mike Banks et Jeff Mills, le collectif a fait de la techno une arme politique, au service de la résistance des communautés noires. « La techno est fondamentalement antiraciste, et UR le dit depuis maintenant 30 ans », insiste Pierre Zeimet. Leur venue est un message fort qu'on souhaite
Et parce que S ne se résume pas aux nuits et aux dancefloors, le festival essaime aussi dans les lieux culturels et les espaces de vie du quartier : spectacle pour les enfants au musée des Confluence, S Christmas Market à HEAT le week-end, rendez-vous et propositions qui prolongent la fête au-delà des concerts. Vous l’aurez compris, Confluence sera pendant 5 jours, un lieu de rencontres entre musique, culture et vie de quartier !

