Publié le 28 août 2026
Rencontre avec Laurent Pierson, coordinateur du festival Drôlement Bien et responsable de la communication chez Les Derniers Couchés
Évènement

Rencontre avec Laurent Pierson, coordinateur du festival Drôlement Bien et responsable de la communication chez Les Derniers Couchés

Festival Drôlement Bien, Lyon du 14 au 17 janvier 2027
Spectacle
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Festival, Focus

Après avoir conquis Besançon, Drôlement Bien s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Du 14 au 17 janvier 2027, le festival investit Lyon avec plus de 35 spectacles, une soixantaine d’artistes, des projections de cinéma, des tremplins, des visites décalées et de nombreuses animations gratuites réparties dans une dizaine de lieux de la métropole. Près de 30 000 festivaliers sont attendus pour cette première édition lyonnaise. À quelques mois du lancement, Laurent Pierson, coordinateur du festival et responsable de la communication chez Les Derniers Couchés, revient sur cette aventure qui entend faire du rire un véritable art de vivre… Rencontre

Drôlement Bien est né à Besançon. Pourquoi avoir choisi Lyon pour écrire ce nouveau chapitre ?

Besançon reste le berceau du festival, qui y vivra sa cinquième édition quelques jours après Lyon. Hamid Asseila, concepteur et directeur du festival, souhaitait exporter cet ADN. L’idée n’est pas de copier un modèle, mais de faire voyager un état d’esprit. Lyon s’est imposée naturellement. C’est une métropole culturelle dynamique, avec une scène humoristique en pleine effervescence et un public qui aime découvrir. Nous sommes très heureux qu’il ait fait appel à l’équipe des Derniers Couchés. Avec NG Productions et nos partenaires lyonnais, nous avons imaginé une édition pensée pour la ville, avec l’ambition d’en faire un rendez-vous durable.

Vous dites souvent que le rire rassemble. Est-ce aussi une façon de recréer du lien social ?

C’est même la raison d’être du festival. Nous sommes convaincus que le rire est un formidable prétexte à la rencontre. Aujourd’hui, les occasions de partager des moments simples sont parfois plus rares. Nous voulons remettre ces instants au cœur de la ville. Drôlement Bien ne se résume donc pas à une programmation de spectacles. Notre ambition est de faire vivre l’humour partout où l’on peut rire ensemble.

Comment cette philosophie se traduit-elle pendant le festival ?

Le cœur du festival, ce sont évidemment les spectacles. Pendant 4 jours, une dizaine de salles de la métropole accueilleront plus de trente spectacles et une soixantaine d’artistes. Nous voulions cependant aller plus loin en créant une véritable expérience de festival. Il y aura un volet cinéma, dont une soirée exceptionnelle autour des 60 ans de La Grande Vadrouille. Le Théâtre de l’Îlot deviendra un lieu de vie avec des brunchs-comédie, des ateliers, des rencontres et un plateau consacré à la scène lyonnaise. Nous proposerons également un escape game grandeur nature, des visites théâtralisées de musées et de nombreuses animations gratuites. Nous voulons que le public vive un festival, pas seulement une succession de spectacles.

Pourquoi était-il important d’ouvrir le festival à d’autres disciplines ?

Parce que l’humour dépasse largement le cadre du stand-up. Il est présent au cinéma, dans l’improvisation, le théâtre, le patrimoine ou la rue. Chacun doit pouvoir vivre le festival à sa manière : pour un grand spectacle, une projection, une visite décalée ou un brunch-comédie. Cette diversité fait partie de notre identité.

Notre ambition est de faire vivre l’humour partout où l’on peut rire ensemble 

Comment construisez-vous une programmation aussi éclectique ?

Nous essayons de dresser une photographie de l’humour français à un instant donné. La programmation réunit aussi bien des artistes qui remplissent des salles de plusieurs milliers de personnes que des humoristes qui jouent encore devant une centaine de spectateurs. Cette diversité est essentielle. Chaque spectateur peut composer son propre parcours, entre artistes connus et belles découvertes.

Vous accordez aussi une place importante à la scène lyonnaise.

Oui, c’était indispensable. Lyon possède aujourd’hui une véritable dynamique autour de l’humour et nous voulions que cette première édition s’appuie aussi sur les talents du territoire. Le plateau 100 % lyonnais permettra de mettre en lumière des artistes locaux et de créer des passerelles entre humoristes émergents et têtes d’affiche. Un festival doit aussi raconter la ville qui l’accueille.

La découverte occupe également une place importante.

Oui, notamment avec notre tremplin. Les candidatures sont ouvertes à tous les humoristes francophones. Cinq artistes seront retenus pour présenter vingt minutes de leur spectacle devant un jury de professionnels. Le lauréat remportera notamment une première partie d’un artiste confirmé à la rentrée sur le festival. C’est une vraie opportunité pour de jeunes talents, mais aussi une manière de préparer l’humour de demain.

L’engagement social fait aussi partie de votre ADN.

Absolument. Nous avons choisi de réserver environ 10 % des places de chaque représentation à des associations, soit près de 3 000 billets offerts à des personnes qui n’auraient peut-être jamais franchi les portes d’un spectacle. Nous travaillons également à des actions dans les services de pédiatrie et de gériatrie des hôpitaux, en milieu scolaire, ainsi qu’à un atelier de journalisme inclusif et en milieu pénitentiaire. Le rire est un formidable outil de partage et nous tenions à ce que le festival puisse aussi aller vers les publics qui ne peuvent pas toujours venir à lui.

Votre activité de producteur avec Les Derniers Couchés nourrit-elle le festival ?

Évidemment. Les Derniers Couchés à Lyon, comme NG Productions à Besançon, accompagnent des artistes toute l’année. Nous observons l’évolution de la scène humoristique et voyons émerger de nouveaux talents. Cette proximité nous permet de construire une programmation fidèle à ce qui se crée aujourd’hui, sans nous limiter aux seules têtes d’affiche.

Crédit photo : © festival Drôlement Bien

L’humour connaît aujourd’hui un succès considérable. Selon vous, que raconte-t-il de notre époque ?

L’humour est un formidable miroir de la société. Il permet d’aborder des sujets parfois très sérieux avec de la distance, de créer du dialogue et de rassembler des publics très différents. Les humoristes parlent de notre quotidien, de nos contradictions, de nos inquiétudes comme de nos joies. Cette sincérité est sans doute ce qui explique l’engouement actuel : le rire reste l’un des meilleurs moyens de se retrouver.

Quels sont les rendez-vous incontournables de cette première édition lyonnaise ?

Il y aura bien sûr des artistes très attendus comme Camille Chamoux, Moguiz ou Olivier de Benoist, ainsi que les grandes soirées d’improvisation du samedi. Mais j’encourage surtout les spectateurs à prendre un pass et à découvrir plusieurs univers. Nous n’avons pas tous le même humour, et c’est précisément ce qui fait la richesse du festival. J’ai notamment envie de citer Lotfi Abdelli, immense vedette en Tunisie, qui raconte avec beaucoup d’humour son arrivée à Paris et son nouveau départ en France. C’est un spectacle inédit, profondément humain et particulièrement drôle. 

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