Avant les écrans, il y avait les murs. Nicolas Ryffel, alias NASH, s’est construit dans la culture graffiti, celle qui impose un style autant qu’une présence. Très vite, le geste déborde du béton pour s’infiltrer dans le graphisme. Aujourd’hui installé à Lausanne comme illustrateur et designer indépendant, il a transformé cette énergie brute en un langage visuel affûté, sans jamais perdre l’instinct des débuts.
Son univers est dense, hybride, nourri par trois grandes influences : les subcultures urbaines (graffiti, tattoo, street art), les symboles et imaginaires venus des folklores du monde, et une nature organique, presque en mouvement. À ce chaos visuel, il oppose une structure ultra précise, inspirée par l’architecture : lignes tendues, compositions équilibrées, gestion millimétrée des volumes. Chaque image fonctionne comme un écosystème. On peut la lire d’un coup d’œil, puis s’y perdre pour en capter les détails cachés. Derrière le style, il y a une vraie méthode : rien n’est laissé au hasard, tout est construit pour tenir visuellement et raconter quelque chose.
Chez NASH, pas de facilité. Il revendique un travail 100 % humain, sans intelligence générative. Son trait, il l’a forgé avec le temps, entre pratique analogique et outils numériques. Et surtout, il le partage : une grande partie de ses créations prennent vie en direct sur Twitch (twitch.tv/monstre_nash), où il ouvre les coulisses de son process à sa communauté.
Entre commandes culturelles, affiches engagées et recherches perso, il avance sans suivre les tendances. Il les capte, les digère et les transforme en images fortes, reconnaissables au premier regard. Une signature à part, entre rigueur graphique et liberté totale.

