Il suffit de le voir derrière les platines pour comprendre que Mosimann n’a pas choisi entre musicien, performer, chanteur ou producteur. Chez lui, tout fonctionne en même temps. Une main sur les machines, l’autre sur un clavier, la voix qui surgit au milieu d’un drop, quelques percussions live, et cette énergie qui transforme chacun de ses sets en véritable show. Plus qu’un DJ, Mosimann est un homme-orchestre version électro.
Le parcours du Franco-Suisse ressemble à une longue fuite en avant contre les étiquettes. Révélé à 20 ans en remportant la Star Academy, il aurait pu rester enfermé dans le costume confortable du chanteur de variété. Il a préféré prendre un virage radical : les clubs, les festivals, les studios et la culture électro. Un choix qui ne doit rien au hasard. Né à Genève un 14 février — détail qu’il aime voir comme un signe pour cet amoureux assumé des chansons sentimentales — Mosimann grandit entre plusieurs univers. La musique est un refuge dans une enfance marquée par la séparation de ses parents. Batterie à quatre ans, synthé à sept, puis premières soirées disco à l’adolescence dans son village haut-savoyard de Bogève avec une sono offerte par sa mère : avant les grandes scènes, il y avait déjà cette obsession du son. Du jazz appris enfant à sa fascination pour Jean-Michel Jarre, Daft Punk ou Laurent Garnier, Mosimann construit progressivement un langage hybride où la pop mélodique rencontre le dancefloor, un territoire musical dans lequel il semble aussi à l’aise pour écrire une chanson romantique que pour faire exploser un festival à trois heures du matin.
Après l’exposition médiatique de la télévision, il a choisi les platines. Et la greffe a pris instantanément. En quelques années, il est devenu une figure de la scène électro internationale, a enchaîné les tournées mondiales et intégré le prestigieux classement du DJ Mag Top 100. Une trajectoire qui l’a placé aux côtés des grandes stars françaises de l’électro exportée à l’international comme David Guetta, Bob Sinclar ou DJ Snake.
Mais ce qui change chez Mosimann, c’est sans doute sa capacité à rester un créateur transversal. Là où beaucoup de DJs se contentent d’aligner les dates, lui multiplie les terrains de jeu. Producteur pour les clubs, remixeur pour des stars internationales, auteur-compositeur pour d’autres artistes, performeur ultra-connecté sur les réseaux sociaux… il passe sans transition du studio à TikTok, d’un set techno à une session d’écriture avec Grand Corps Malade ou Slimane.
Son concept Dream Track résume parfaitement sa personnalité : inviter une célébrité, récupérer quelques mots improbables, puis composer en direct un morceau sur mesure. Un exercice à la fois absurde, virtuose et terriblement moderne, qui révèle surtout une chose : derrière l’image du DJ solaire se cache un musicien obsessionnel, capable de fabriquer de la musique partout, tout le temps, avec tout le monde.
Sur scène, cette intensité se transforme en expérience totale. Mosimann ne joue pas seulement des morceaux : il performe, improvise, chante, harangue, construit une tension entre le live et le club. Une manière de réinventer la figure du DJ en y injectant quelque chose de plus organique, de plus rock dans l’attitude. Chez lui, le plaisir est frontal, généreux, immédiat. Preuve de cette ascension continue : ses concerts au Zénith de Paris en octobre dernier se sont remplis en un temps record, confirmant qu’il n’est plus seulement un DJ reconnu, mais l’un des entertainers majeurs de la scène française actuelle.

