Publié le 16 avril 2026
Mapping festival 2026, célèbre festival à Genève, revient en mai ! Rencontre avec sa directrice, Fanny Dupé
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Évènement

Mapping festival 2026, célèbre festival à Genève, revient en mai ! Rencontre avec sa directrice, Fanny Dupé

Quand Genève devient écran, terrain d’expérimentation et miroir de son époque
Spectacle
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Expérimental, Festival

Chaque printemps, Genève se transforme en un vaste laboratoire visuel. Avec le Mapping Festival, les façades s’animent, les salles plongent dans l’obscurité immersive, et les écrans — géants ou miniatures — deviennent autant de surfaces de projection pour une création en perpétuel renouvellement. À la croisée de l’art contemporain, des cultures électroniques et des technologies numériques, l’événement explore depuis plus de vingt ans les formes mouvantes de l’image. Pour son édition 2026, le festival affirme une inflexion sensible : moins de technologique, davantage de chair, de récit et d’incarnation. Rencontre avec sa directrice, Fanny Dupé.

Le mapping est aujourd’hui incontournable à Genève. Sa mission est-elle de montrer l’innovation ou de défendre une vision artistique ?

Le festival est né en 2005, à une époque où même le mot « mapping » n’existait pas vraiment. Ses fondateurs, Boris Edelstein et François Charles, ont imaginé ce terme pour désigner un champ artistique en devenir. Dès le départ, il ne s’agissait pas simplement de technologie, mais bien d’une vision : celle d’un festival dédié aux arts visuels dans leur diversité. Aujourd’hui, le mapping vidéo n’est qu’une composante parmi d’autres. Ce qui nous guide, c’est la capacité à créer de l’émotion à travers différents médiums : performance, installation, interaction. Le festival doit rester un espace d’impulsion, de renouvellement, et surtout capable de refléter son époque.

Créer de l'émotion à travers différents médiums

Crédit photo : © Pecorini

On associe souvent ces pratiques à la prouesse technique. Comment éviter que la technologie prenne le dessus ?

C’est un équilibre fragile. Pendant longtemps, le numérique a été dans une forme de course à la dernière innovation. Aujourd’hui, on observe un mouvement inverse : un retour à des formes plus simples, plus low-tech, mais aussi plus conscientes, notamment sur le plan écologique. Les artistes interrogent désormais des sujets comme l’empreinte carbone des technologies ou les enjeux liés à l’intelligence artificielle. La technique redevient un outil au service d’un propos. C’est fondamental.

Comment articulez-vous artistes reconnus et émergents ?

C’est une responsabilité forte. Beaucoup d’artistes aujourd’hui établis sont passés par le festival à leurs débuts. Nous tenons à maintenir cet espace d’expérimentation, notamment pour les étudiants ou les jeunes créateurs. La programmation repose sur une écoute fine : identifier des propositions sensibles, en résonance avec les enjeux contemporains, plutôt que simplement spectaculaires.

Quelle est la ligne directrice de cette édition 2026 ?

Nous avons voulu revenir à quelque chose de plus incarné. Sortir du tout-écran, remettre le corps, le vivant, au centre des expériences. L’exposition principale, pensée par le curateur Paul Léon, s’intitule The In Between. Elle interroge cet état de transition, ce moment où l’on n’est pas encore « de l’autre côté ». Dans ce dispositif, on explore cette zone intermédiaire, entre réel et virtuel, entre contrôle et lâcher-prise. Au fil de la ville, le festival compose une cartographie vivante. La programmation des performances audiovisuelles, imaginée par Audrey Powell, propose au Groove live coding et créations en temps réel. Un week-end immersif au Jardin des Nations, mêlant installations, DJ sets et performances dans un cadre naturel. Des projets hybrides autour de la mode et de la lumière, où vêtements et LED deviennent supports de création. Une installation monumentale en partenariat avec le Musée d’Art et d’Histoire de Genève, pensée pour capter de nouveaux publics, au-delà des cercles initiés. L’enjeu, c’est aussi d’aller chercher des spectateurs là où ils ne nous attendent pas. Multiplier les ponts. Créer de la spontanéité.

L'enjeu, c'est aussi d'aller chercher des spectateurs là où ils ne nous attendent pas. Multiplier les ponts.

Quels axes artistiques avez-vous souhaité mettre en avant cette année ?

Nous avons engagé une collaboration avec Pro Helvetia autour de la scène indienne, en lien avec un festival partenaire en Inde appelé « EyeMyth ». Huit artistes ont été invités, majoritairement des femmes. C’est une manière de créer des synergies durables et de rendre visibles des scènes encore peu représentées. Ce travail va se prolonger, notamment avec une délégation suisse prévue en Inde dès 2026 et aussi en 2027.

Les workshops et les conférences semblent essentiels…

Absolument. Le festival ne se limite pas à montrer, il doit aussi transmettre. Les workshops sont des espaces de partage : initiation au code pour les adolescents, ateliers typographiques pour le grand public, ou formats plus avancés pour les professionnels. C’est un temps fondamental. On y construit des ressources, des liens, une communauté.

Que diriez-vous à quelqu’un pour qu’il découvre le festival ?

De venir sans attentes ! Car il y a toujours une surprise dans l’inconnu. Quel que soit son âge ou son niveau de connaissance, chacun peut être touché. On peut simplement regarder, s’amuser, mais aussi se questionner. Le festival est accessible — souvent gratuit — et ouvert. C’est une expérience, et surtout, une invitation à rester curieux.

Propos recueillis par Carole Cailloux

Mapping Festival - 22ème édition, du 7 au 17 mai à Genève

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