Et si, en novembre, on laissait parler les corps ? Pour sa quatrième édition, le Mois de la danse revient sur le territoire de MACS avec une programmation qui fait voler en éclats les frontières de la discipline. Spectacles, cinéma, ateliers, performances, jeu vidéo, rencontres… Pendant un mois, la danse se regarde, se pratique, se raconte et s’invite là où on ne l’attend pas forcément.
À Soustons, Bénesse-Maremne, Saubusse, Magescq, Moliets-et-Maâ, Saint-Vincent-de-Tyrosse et ailleurs, le mouvement va circuler. Car c’est tout l’esprit du Mois de la danse : emmener la création chorégraphique au delà des studios et de la scène, mais la faire voyager sur le territoire et surtout la rendre accessible à tous. Et cette année, la danse dialogue avec des univers
parfois inattendus.
QUAND LA DANSE SORT DU CADRE
Premier pas de côté dès le 4 novembre à Soustons avec After the Wane. Derrière ce titre se cache… un jeu vidéo. Celui de Lena, jeune danseuse confrontée à ses ambitions, son passé et ses choix. À l’Espace culturel Roger Hanin, les créateurs du studio Nova Box dévoileront les coulisses du projet avant une démonstration mêlant jeu, lecture de dialogues et performance chorégraphiée.
Le lendemain, changement d’échelle et changement d’âge. Au Kontainer d’Angresse, la compagnie Corps Paradis présente une sortie de résidence de WOUAOU, imaginé pour les 0-3 ans et leurs parents. Ici, la danse devient terrain d’éveil, de sensations et de jeu.
Deux propositions aux antipodes l’une de l’autre qui disent déjà beaucoup de ce mois : il n’y a pas un public pour la danse, mais des publics.
DE JULIETTE BINOCHE À MATHILDE FROUSTEY
Le cinéma s’en mêle lui aussi. À Saint-Vincent-de-Tyrosse, En nous revient sur l’aventure artistique menée par Juliette Binoche et Akram Khan, lorsque l’une décide de danser et l’autre de jouer pour créer ensemble IN-I.
Quelques jours plus tard, Le Grand Bal de Laetitia Carton célèbre ces milliers de corps qui, chaque été, dansent jusqu’à perdre la notion du temps. La projection sera précédée d’une initiation aux danses gasconnes : regarder, oui, mais pourquoi ne pas essayer ?
Autre rendez-vous fort, le 14 novembre à Vieux-Boucau, avec La passion selon Mathilde, documentaire consacré à Mathilde Froustey. Après l’Opéra de Paris et le San Francisco Ballet, la danseuse étoile revient sur son parcours, sa blessure, sa reconstruction et cette question vertigineuse pour tout artiste : que se passe-t-il lorsque le corps impose ses propres limites ? La projection sera suivie d’une rencontre avec la danseuse.
CAMUS EN BASKETS
Et puisqu’il est justement question de casser les codes, Albert Camus rencontrera le hip-hop le 14 novembre à
Pôle Sud, à Saint-Vincent-de-Tyrosse.
Avec Camus est hip-hop, la compagnie Par-Allèles fait
dialoguer danse et théâtre, la révolte et la fraternité, le New York des années 1970 et la Méditerranée chère à l’écrivain. Une rencontre improbable sur le papier, beaucoup moins lorsqu’on se souvient que le hip-hop, comme la pensée de Camus, raconte aussi la résistance, la liberté et la nécessité de trouver sa place
À Saubusse, le lendemain, Salti ira chercher son inspiration beaucoup plus au sud, du côté de l’Italie et de la tarentelle. Cette danse populaire censée autrefois guérir la morsure de la « taranta » devient ici un conte joyeux où trois amis jouent tour à tour les malades et les guérisseurs. Un spectacle à vivre en famille, prolongé par un atelier parents-enfants.
ET SI ON DANSAIT ?
Car le Mois de la danse n’a pas été imaginé uniquement pour ceux qui savent déjà danser.
Tout au long de novembre, ateliers, initiations et rencontres invitent à passer de l’autre côté. À Bénesse-Maremne, même les doigts des tout-petits se mettent en mouvement. À Magescq, livres et danse contemporaine se répondent. À La Marensine de Soustons, on apprend à ralentir, aller au sol, se relever et prendre conscience autrement de son corps. À Moliets-et-Maâ, la B&M Compagnie invite à découvrir l’expression corporelle avant un échange avec ses danseuses professionnelles.
En parallèle, le territoire n’oublie ni les scolaires, ni les élèves des écoles de danse, ni les professionnels. Une journée leur est notamment consacrée le 5 novembre à La Marensine, avec débats, rencontres et présentation de projets.
Des premières découvertes aux danseurs confirmés, du livre au grand écran, de la tarentelle au hip-hop et même du plateau au jeu vidéo, le Mois de la danse préfère décidément conjuguer le mouvement au pluriel.
Et si novembre est habituellement le mois où l’on commence à avoir envie de rester chez soi, MACS nous donne une excellente raison de faire exactement l’inverse : sortir et entrer dans la danse.

