À Villy-le-Bouveret, entre Annecy et Genève, l’Atelier CROMA restaure sans jamais trahir l’intention des œuvres. Ici, pas de gestes spectaculaires, mais un travail précis et presque chirurgical, où la science dialogue avec l’histoire et la sensibilité artistique.
Fondé en 2022 par Zoé Sallin, diplômée en restauration de peinture de chevalet, l’atelier sublime œuvres anciennes, modernes et contemporaines, avec une expertise particulière dans les créations datant du milieu du XIXe siècle à nos jours. À taille humaine et solidement ancré dans son territoire, l’Atelier CROMA revendique une restauration éthique, minimale et éco-responsable.
« Restaurer, ce n’est pas que réparer », résume Zoé. Comprendre comment l’œuvre a été pensée, quels matériaux ont été utilisés, comment elle a traversé le temps, constitue la première étape du travail. Cette lecture fine est d’autant plus essentielle pour les œuvres modernes et contemporaines, souvent réalisées avec des peintures industrielles, des supports instables ou des matériaux expérimentaux. En effet, contrairement à l’art ancien, conçu pour durer, l’art moderne teste les limites de la matière, joue avec elle, parfois au détriment de sa pérennité. L’art contemporain, lui, privilégie souvent le concept : une fois l’idée exprimée, la question de la conservation n’est pas toujours centrale. Résultat : certaines œuvres vieilles de seulement cinquante ans se dégradent déjà, là où des tableaux du XVIIe siècle affichent encore une remarquable stabilité.
Dans ce contexte, restaurer demande des connaissances et une approche bien plus scientifique et minutieuse : observation microscopique, diagnostics précis et tests ciblés s’imposent. L’objectif reste inchangé : intervenir le moins possible, mais toujours avec justesse et respect.
À l’Atelier CROMA, restauration rime avec conservation. Redonner de la lisibilité, consolider les supports, ralentir le vieillissement, nettoyer des vernis oxydés, reprendre couleurs ou dorures : chaque geste est adapté à l’état et à la nature de l’œuvre. L’atelier excelle notamment dans le nettoyage, une orchestration minutieuse un exercice délicat et hautement scientifique, en particulier sur des œuvres modernes parfois dépourvues de vernis protecteur.
Éthique et écologie sont ancrées dans les valeurs de son atelier. Zoé privilégie les éco-solvants, limite les déchets et accompagne ses clients sur la conservation préventive : hygrométrie, lumière, conditions d’exposition. La dimension de transmission présente dans la restauration l'a poussée à en faire son métier. En effet, originaire de la région et issue d’une famille d’artistes Suisse, Zoé découvre le métier à 17 ans à Zurich. Sciences et art trouvent en elle un point de rencontre évident. Après plusieurs années à Paris, elle choisit de revenir près de ses racines pour ouvrir l’Atelier CROMA.
Aujourd’hui, l’atelier collabore principalement avec particuliers, galeries, marchands d’art et institutions en Haute-Savoie et en Suisse romande. Une adresse reconnue pour son sérieux et son approche à la fois rigoureuse et délicate. À l’heure où l’art contemporain ne cesse de se réinventer, l’Atelier CROMA rappelle l’essentiel : préserver, c’est respecter, et inscrire chaque intervention dans le temps.

