Publié le 19 janvier 2026
Jean-Michel Ouvry, découvrez l'artiste singulier, moderne et novateur qui signe la nouvelle couv' de MokaMag
Crédit photo : ©JMOUVRY
Portfolio

Jean-Michel Ouvry, découvrez l'artiste singulier, moderne et novateur qui signe la nouvelle couv' de MokaMag

Vanités contemporaines et humour sous contrôle
Art
|
Pop Art, Portfolio

À première vue, les tableaux de Jean-Michel Ouvry empruntent aux codes de la nature morte classique. Puis un détail dérape : une icône pop, un objet du quotidien, un jouet. Le baroque se fissure, le présent s’invite. Illustrateur, graphiste et designer, l’artiste joue de ce décalage avec précision, mêlant vanités, mémoire collective et humour noir. Un travail de suggestion, plus que de démonstration. Rencontre.

Crédit photo : ©JMOUVRY

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots : qui êtes-vous, d’où venez-vous, et où vivez-vous aujourd’hui ?

Je suis illustrateur, graphiste et designer, basé à Orléans. J’ai grandi dans l’Aube, où j’ai suivi une formation en design et packaging à l’ESAA de Troyes, une petite école de province. À cette époque, je peignais beaucoup avec des amis, dans des bâtiments industriels un peu abandonnés. C’est là que mon amour pour le graffiti est né. Ensuite, j’ai travaillé comme designer dans un cabinet d’architecte avant de partir à Paris comme freelance, dans des agences de publicité. Puis j’ai déménagé à Orléans ou j’ai créée le Loire Art Show, que j’organise depuis maintenant dix ans, en partenariat avec la Ville. En parallèle, j’ai aussi monté un studio de création avec ma compagne, Oeil pour Oeil.

 

Qu’est-ce que le Loire Art Show exactement ?

C’est un festival d’arts urbains qui investit des lieux oubliés ou méconnus des bords de Loire à Orléans. Graffiti, illustration, installations éphémères : l’idée est de réveiller des espaces endormis et de créer une rencontre directe entre l’art et le territoire, le temps d’un événement.

Comment résumeriez-vous votre travail à quelqu’un qui n’aurait jamais vu vos oeuvres ?

Je dirais que mon travail repose beaucoup sur la direction artistique et la construction d’images pensées comme des décors. J’ai une culture très liée au graphisme, à la publicité, au travail sur un brief. Mais pour parler de mon univers, j’aime créer des images qui activent la mémoire collective : des références à la gravure ancienne, à l’histoire de l’art, mais aussi à la culture populaire. Il y a toujours plusieurs niveaux de lecture dans mes oeuvres, avec une grande part d’humour — parfois noir — mais que je m’autorise à contenir. J’aime le trait précis, le dessin « propre », presque gravé, quitte à gommer ou à retravailler longtemps.

Il y a toujours plusieurs niveaux de lecture dans mes oeuvres, avec une grande part d’humour

Vos œuvres mêlent références baroques et objets très contemporains. Qu’est-ce qui vous attire dans ce choc des temporalités ?

Je suis très influencé par les vanités et les natures mortes. Chaque élément a un sens : le crâne, la fragilité de la vie, les instruments, le temps qui passe. Remplacer une mandoline par une console de jeux ou un objet de pop culture, c’est finalement prolonger cette logique symbolique. J’aime l’idée de faire dialoguer le Louvre et la culture populaire, les références savantes et celles du quotidien.

 

Ce décalage entre classicisme et objets « parasites » raconte-t-il une critique, une nostalgie, de l’humour ?

Un peu tout à la fois. Mais sans volonté d’attaque frontale. Une Nintendo ou un petit soldat en plastique ne sont pas là pour être des « vilains ». Ils existent, tout simplement. Ils sont nos objets contemporains, nos nouveaux symboles.

Crédit photo : ©JMOUVRY

Diriez-vous que votre travail est engagé ?

Je ne me définis pas comme un artiste engagé au sens poli- tique du terme. Je lance des idées, des blagues, des images, parfois des petites piques. Mais je reste volontairement en surface. Je doute beaucoup, notamment de ma légitimité à traiter certains sujets de manière frontale. Je préfère rester à ma place, dans mon domaine : l’image, le décalage, l’humour. Parfois avec des jouets, des figures de CRS miniatures… Une forme de distance. La violence est là, on la connait, on la vit même, mais dans mes oeuvres, elle est filtrée. Je ne cherche pas l’impact graphique brutal.

Crédit photo : ©JMOUVRY

Comment travaillez-vous concrètement ?

Je travaille exclusivement en numérique, sur écran tactile. C’est un outil extrêmement malléable : je peux changer une couleur, ajuster une composition, déplacer un élément à l’infini. Cette souplesse me permet d’aller très loin dans le détail et la précision.

 

Quelles sont vos principales influences artistiques ?

Franchement, le Louvre ! J’y ai passé pas mal d’heures. Pour moi, tout est là. Les références classiques nourrissent énormément mon travail. Je regarde aussi ce qui se fait aujourd’hui, mais l’histoire de l’art reste une base fondamentale.

Comment le public réagit-il à vos œuvres ?

En général, ça fonctionne. J’aime les retours simples : « je l’ai mis dans ma cuisine ». Mais j’avoue être parfois un peu lassé de la bienveillance systématique. Une image peut aussi déranger, susciter une forme de méchanceté gratuite. Ça fait partie du jeu.

 

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Je viens de clôturer la dernière édition du Loire Art Show, un festival d’envergure qui m’a mobilisé énormément de temps et d’énergie. En parallèle, je prépare une exposition à Tours, à l’Hôtel Gouin, présentée d’avril à août, où j’interviendrai à la fois comme organisateur et comme artiste exposé.

 

Où peut-on suivre votre travail ?

Sur mon site, jmouvry.com et sur Instagram, où je partage régulièrement mes projets et mes images.

J’aime l’idée de faire dialoguer le Louvre et la culture populaire

Crédit photo : ©JMOUVRY
Vous voulez des cookies ?

Ce site utilise des cookies pour garantir la meilleure expérience de navigation.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez le dépôt de cookies tiers destinés à vous proposer des vidéos, des boutons de partage, des remontées de contenus de plateformes sociales

Paramétrage de mes cookies

Au-delà des cookies de fonctionnement qui permettent de garantir les fonctionnalités importantes du site, vous pouvez activer ou désactiver la catégorie de cookies suivante. Ces réglages ne seront valables que sur le navigateur que vous utilisez actuellement.
1. Statistiques
Ces cookies permettent d'établir des statistiques de fréquentation de notre site. Les désactiver nous empêche de suivre et d'améliorer la qualité de nos services.
2. Personnalisation
Ces cookies permettent d'analyser votre navigation sur le site pour personnaliser nos offres et services sur notre site ou via des messages que nous vous envoyons.