Une saison qui s’ouvre en grand
Deux trompettistes, deux univers et une même envie de faire circuler le jazz au-delà des frontières et des générations. Les 18 et 19 septembre, Le Foirail donne le coup d’envoi de la saison Jazz à Pau 2026-2027 avec Airelle Besson, Lionel Suarez et Andrea Motis. Une soirée manifeste, avant une saison qui promet de faire voyager Pau bien au-delà du Béarn.
À Pau, la rentrée se jouera en bleu. Bleu jazz, évidemment. Les 18 et 19 septembre, Le Foirail rallume les projecteurs pour lancer une nouvelle saison qui semble avoir choisi son camp : celui d’un jazz vivant, curieux, ouvert et volontiers affranchi des frontières.
Pour donner le ton, deux femmes et deux trompettes seront au premier plan. Un choix qui n’a rien d’anodin. La soirée, baptisée « Ladies, Trumpets & Songs », entend aussi bousculer un cliché et mettre en lumière les musiciennes dans un univers où elles restent encore trop souvent sous-représentées.
Une floraison pour commencer
Premier rendez-vous avec Airelle Besson et Lionel Suarez et leur projet Blossom. Une trompette, un accordéon : l’association n’est pas la plus attendue. Elle devient pourtant presque évidente entre ces deux musiciens qui se connaissent depuis vingt ans.
Airelle Besson, sacrée Artiste instrumentale aux Victoires du Jazz 2026, a croisé sur sa route Michel Portal, Youn Sun Nah, Manu Katché, Gregory Porter ou encore Henri Texier. Lionel Suarez a quant à lui accompagné quelques-uns des grands noms de la chanson et du jazz, de Claude Nougaro à Charles Aznavour, Véronique Sanson, Olivia Ruiz ou Angélique Kidjo. Leur rencontre remonte à 2006 ; leur aventure en duo naît en 2015. Blossom, sorti en 2026, raconte ainsi dix années de recherche musicale mais aussi d’amitié.
Puis changement d’atmosphère avec Andrea Motis. Chanteuse, trompettiste et saxophoniste barcelonaise, repérée très jeune et remarquée par Quincy Jones, elle arrive à Pau avec son Guitar Trio et Intimate, son dernier album. Une musique acoustique délicate où la voix se mêle aux guitares et où standards de jazz, bossa nova, chanson française et compositions originales dialoguent sans complexe. Amy Winehouse peut y côtoyer Chico Buarque, Bill Withers, Georges Brassens ou Djavan.
Le jazz comme invitation au voyage
Cette première soirée raconte finalement assez bien l’esprit de la saison qui commence : décloisonner.
Car après Barcelone et Blossom, le voyage continue. Le 15 octobre, le batteur Matthieu Chazarenc retrouvera l’accordéoniste Laurent Derache pour un jazz lyrique nourri de chanson française et de musiques de films. Puis, les 6 et 7 novembre, Roberto Fonseca et Vincent Segal feront se rencontrer piano cubain et violoncelle dans Nuit parisienne à La Havane, entre rythmes afro-cubains, chanson française et influences classiques.
Mais la saison ne se résume surtout pas à une succession de concerts au Foirail. Elle essaime. Médiathèques, Conservatoire, Théâtre Saragosse, Atelier du Neez, Belle Époque, Royal Lounge ou encore Lescar deviennent autant de terrains de jeu. Conférences, séances d’écoute, avant-scènes et concerts prolongent l’expérience et dessinent peu à peu une véritable cartographie du jazz sur le territoire.
On y croisera notamment Biréli Lagrène, le blues de Bessie Smith revisité par Raphaël Lemonnier et Michel Pastre, les couleurs afro-flamenco de Sandoval & Paamath ou encore le jazz aux accents argentins de Lucas Dorado.
Une programmation qui rappelle surtout une chose : le jazz n’est jamais aussi vivant que lorsqu’il circule, se mélange et se partage.
Et à Pau, cette saison, il compte bien sortir des cases.

