Cinq ans après Les Éternels, Chloé Zhao revient au cinéma avec un film d’époque d’une intensité rare. Hamnet, adapté du roman à succès de Maggie O’Farrell, promet de redonner chair et souffle à la figure de Shakespeare à travers le prisme du deuil, de l’amour et de la création. En salles en France le 21 janvier 2026, le film réunit Paul Mescal et Jessie Buckley dans une fresque à la fois intime et universelle.
De la légende à l’homme
C’est une histoire que la littérature connaissait, mais que le cinéma n’avait jamais osé raconter : celle du fils oublié de William Shakespeare, Hamnet, mort à 11 ans de la peste. Derrière ce drame familial, le mythe de Hamlet trouve soudain sa source, non pas dans la grandeur tragique, mais dans la douleur d’un père et d’une mère confrontés à l’absence.
Dans le rôle du dramaturge, Paul Mescal – révélé dans Normal People, vu recemment dans Gladiator 2 et nommé à l’Oscar pour Aftersun – incarne un Shakespeare vulnérable, à rebours de la statue littéraire. À ses côtés, Jessie Buckley, bouleversante dans le rôle d’Agnes Hathaway, épouse et muse, figure de la nature et de la perte. Ensemble, ils forment un couple terriblement humain, hanté par la maladie, le silence et la nécessité de sublimer la souffrance par l’art.
Le regard humaniste de Chloé Zhao
Avec Hamnet, Chloé Zhao renoue avec l’essence de son cinéma : filmer les émotions à nu, sans artifices. Après Nomadland, fresque sur les invisibles d’Amérique, la cinéaste chinoise pose sa caméra dans l’Angleterre du XVIe siècle. Même sensibilité, même lumière naturelle, même pudeur dans l’écoute des êtres. « Tout comme Shakespeare transformait la douleur en chef-d’œuvre, Zhao transforme la perte en beauté cathartique », écrit The Hollywood Reporter.
La cinéaste a coécrit le scénario avec Maggie O’Farrell elle-même, préservant la puissance poétique de son roman — un texte traduit dans 40 langues et vendu à plus de deux millions d’exemplaires. Ensemble, elles signent un drame d’époque à la fois sensoriel et intemporel, où chaque plan respire la terre, la brume, la chair et le deuil.
Des performances saluées dès Telluride
Présenté en avant-première au Festival de Telluride, Hamnet a suscité une vague d’enthousiasme critique. « Dévastateur, peut-être le film le plus bouleversant de ces dernières années », écrit Vulture. Pour Variety, « la performance héroïque de Jessie Buckley élève le film à une intensité presque insoutenable ». Avec un score de 95/100 sur Metacritic, Hamnet s’annonce déjà comme un favori des prochaines cérémonies. Paul Mescal confirme là encore sa capacité à incarner les failles masculines, tandis que Buckley, muse incandescente, livre « une performance à fleur de peau qui transcende le chagrin ».
Quand le deuil devient art
Au-delà du biopic ou du simple drame historique, Hamnet s’impose comme une méditation sur la création elle-même. Comment l’art naît-il du manque ? Comment une perte intime devient-elle œuvre universelle ? Chloé Zhao y répond sans emphase, par le silence et la lumière. Son cinéma trouve ici la sobriété lyrique de The Rider et la grâce documentaire de Nomadland, offrant un portrait de Shakespeare que l’on n’avait jamais encore vu : celui d’un homme, non d’un monument.
Un film déjà culte
Produit par Liza Marshall, Pippa Harris, Sam Mendes et Steven Spielberg, Hamnet réunit le meilleur du cinéma contemporain et de la littérature britannique. Un récit de deuil, d’amour et de transmission, porté par deux acteurs au sommet et une réalisatrice qui, décidément, filme l’invisible mieux que quiconque.

