Publié le 18 octobre 2021
Cry Macho
Crédit photo : © 2021 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved.

Cry Macho

un western résolument moderne

Western

La légende du cinéma américain, malgré ses quelques 91 ans, a encore des choses à nous montrer. Cet automne Clint Eastwood sortait son nouveau long métrage, et peut-être le dernier qu’il produira, Cry Macho, qui reprend les codes tant apprécié du réalisateur et acteur américain tout en les brisant. Entre périple et rédemption, entre réalisations et relations humaines, Clint Eastwood reste fidèle à son style tout en s’en éloignant, et produit un ovni qui n’en reste pas moins une pièce de maître.

Crédit photo : © 2021 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved.

Ça parle de quoi ? 

L’histoire s’ouvre sur un Clint Eastwood mal en point, qui vient de se faire renvoyer de son emploi de dresseur de chevaux. Son personnage, Mike Milo, est une ancienne star du rodéo, s’étant reconverti dans le dressage à la fin de sa carrière. Mais trop peu efficace face à ses concurrents, sujet à des problèmes de boisson suite à une chute de cheval, le dresseur se retrouve sans emploi, et sans objectif. Jusqu’à ce qu’un ancien de ses patrons l’engage pour aller récupérer son fils de 13 ans qui se trouve auprès de sa mère et enchaine les problèmes. Milo accepte l’offre, et part le récupérer au Mexique où il retrouve rapidement l’adolescent, Rafo, joué par Eduardo Minett, en plein milieu d’un combat de coqs.

Sur le ring, l’animal dont jeune homme ne se sépare jamais, Macho quo fera partie du voyage. Le retour vers le Texas commence alors. 

L’histoire même de la création de ce film semblait vouée à l’échec. N Richard Nash, à l’origine du scénario, a vu son idée rejetée par les producteurs dans les années 70, avant d’en faire un roman. Pendant de longues décennies il a ensuite tenté de mener son projet de film à bien. Si Clint Eastwood fut déjà intéressé par le scénario dans les années 80, ses autres engagements professionnels l’empêchèrent de mener le projet à bien. Durant près de 30 ans différentes annonces sont faites sur les acteurs envisagés, mais ce n’est qu’en 2020 qu’Eastwood annonce produire le film et en incarner le personnage principal. Un long périple pour un résultat qui divise la critique, mais n’en reste pas moins un film à la Clint Eastwood, comme ses fans les aiment. 

Crédit photo : © 2021 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved. / Claire Folger

Un cowboy plutôt sage

Clint Eastwood a conscience de son âge, et des rôles qu’il peut désormais camper. Ne vous attendez donc pas à des cascades et des courses à cheval déchainées dans Cry Macho. Ce western que l’on pourrait qualifier de tranquille colle à l’âge d’Eastwood, qui à 91 printemps doit aussi savoir adapter la réalité de sa forme physique à ses rôles. À l’inverse des westerns où l’action est reine, ce film tend davantage vers un néo-western, qui n’a pas peur de verser dans le sentimental par moments.

Crédit photo : © 2021 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved. / Claire Folger

Au fil de l’historie, nous découvrons la vie pleine de regrets de Mike Milo, mais sont également abordées les questions des relations humaines, et bien évidemment du machisme comme le suggère le titre. Au-delà du coq nommé Macho, il est alors question de la vulnérabilité masculine, et de l’incapacité du personnage de Milo à la dévoiler. Dans Cry Macho il n’est alors pas question de démonstration de virilité, mais au contraire d’un désir de créer un western abordant des questions modernes, et présentant non plus l’homme comme un héros infaillible, mais démontrant au fil de l’histoire ses failles et ses sentiments.

Echec ou réussite ? 

Dans Cry Macho, nous retrouvons des thématiques, mais également des traits de caractère que l’on a déjà pu découvrir dans d’autres longs métrages du réalisateur américain. En réalité, Cry Macho c’est un mélange des plus grands succès du réalisateur. On y retrouve la relation presque père fils d’Un Monde parfait (1993), où un homme kidnappe un enfant, mais aussi la question du bien et du mal, omniprésente dans Gran Torino (2008), ou encore les thématiques de la race et de la culture qu’abordait La Mule (2018). L’histoire de Cry Macho est cependant plus plate, le récit manque par moment de rythme, le dialogue moins perçant que ce à quoi nous à habitué Eastwood. 

Crédit photo : © 2021 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved. / Claire Folger

Pourtant le résultat est là : un film qui tient malgré tout ses promesses, nous fait entrer dans un univers, le découvrir, puis en ressortir avec quelques leçons tirées et encore une fois le plaisir de retrouver le monument du cinéma américain à l’écran. Cry Macho est presque un ovni cinématographique dans la catégorie western, nous laissant pensifs, rassemblant les codes que l’on connait des créations de Clint Eastwood, tout en les brisant. Ce film, qui sera peut-être son dernier, surprend, mais parvient à convaincre. Clint Eastwood reste magistral dans son jeu et réussi comme toujours le même pari : nous entrainer dans son univers, peut-être pour la dernière fois. 

un film de et avec Clint Eastwood, sortie en salle le 10 novembre

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