Publié le 29 avril 2021
Clou
Crédit photo : © Marta Bevaqua

Clou

Une pointe de pop et de mélancolie
Musique
|
Pop, Interview, Album

Née Anne-Claire, surnommée Anne-Clou par ses proches, l’artiste s‘est finalement baptisée Clou. La trentenaire vient de sortir son premier album, Orages, produit par Dan Levy, la moitié du groupe The Dø. Ses chansons ? Des tempêtes intérieures mises en textes et mélodies.  

 

Votre envie de chanter remonte à loin ? 
J’ai toujours fait des chansons dans ma chambre, ça fait partie de ma vie mais je n’avais pas d’ambition professionnelle. Je n’ai jamais pensé en faire mon métier, ce n’était même pas une option. C’est venu en grandissant puis le déclic s’est produit en participant à un radio crochet sur France Inter. 

Vous avez franchi le pas facilement ?  
J’ai vraiment hésité car la préparation était extrêmement chronophage et à ce moment-là, je travaillais à plein temps comme attachée de presse dans la mode. J’ai longtemps mené une double vie : d’un côté, je devais gagner de l’argent pour payer mes factures, et de l’autre, je voulais me donner les moyens pour me faire un petit nom dans la musique. En postulant à France Inter, je me suis dit que si je n’étais pas sélectionnée, j’arrêterais de rêver. Je suis arrivée deuxième, j’étais déçue. 

Vous avez perdu et gagné en même temps…
Oui. J’ai perdu mais l’émission m’a donné l’envie de continuer, a provoqué une impulsion. Elle a été une loupe sur mon travail, une validation donnée par des professionnels que ce je faisais était intéressant, original, 

précieux. Je l’ai pris comme une clé pour rentrer dans le monde de la musique. J’ai persévéré, cherché un tourneur, un label, un arrangeur. Je rappelais les gens qui m’avaient vue au radio crochet. 

Comment avez-vous rencontré Dan Levy qui a produit Orages ?  
Je cherchais ardemment un arrangeur-réalisateur pour mon album. Mon éditeur m’a proposé de rencontrer Dan en me suggérant de lui envoyer mes chansons. La rencontre a été décisive : on s’est très bien entendu tout de suite. D’abord sur un plan professionnel et humainement, il y a eu quelque chose de très fort. Dan a été un guide et un ami dans les moments difficiles. Il a tout changé.   

Qu’a-t-il apporté à votre album ? 
Dan est un artiste complet. Il a un sens aigu de la composition et de ce qu’est vraiment une chanson. Il m’a guidée dans l’écriture et la composition. Il me disait des choses très concrètes sur ce qu’attend un éditeur. Il m’a par exemple demandé de me lâcher dans l’écriture. Du coup, je ne me suis pas privée d’aborder des sujets très personnels, qui ne sont pas forcément amusants. Au début, je pensais que ce ne serait pas des chansons pop qui pourraient passer à la radio. Mais finalement, l’un n’empêche pas l’autre.

Chez vous, l’écriture coule de source ?
J’ai pris le pli de la discipline. L’écriture est devenue facile car je m’y mets tous les jours, elle devient un réflexe. Quoique, facile n’est pas le bon mot, je dirai que c’est un exercice quotidien. Victor Hugo disait le poète dort et il travaille. C’est un peu pareil : je pense tout le temps à l’écriture, je suis dedans en permanence. Il faut être obsédé par ce qu’on fait. Je me dis que si à 10h je ne suis pas devant mon piano, ma guitare ou devant un papier pour écrire, il y a un problème. Tous les jours, je veux proposer quelque chose, même si ça n’est pas achevé, ni écoutable ou parfait.   

En quoi le mot Orages résume l’album ? 
C’est une référence littéraire à Victor Hugo. Oui, encore lui, je n’en sors pas ! À l’adolescence, en lisant les Misérables, j’avais été extrêmement touchée par un passage qui s’appelle tempête sous un crâne et dans lequel le héros a un cas de conscience et imagine une tempête. Cette image m’a toujours profondément marquée. Quand quelque chose me tient à cœur, me fait mal, me met en colère, j’imagine tout de suite des éclairs, un orage. Je trouvais que l’album abordait des sujets qui ressemblaient à des petites tempêtes. Et puis, on peut aussi le voir en deux mots : ô rage… J’aime bien l’idée.    

le déclic s’est produit en participant à un radio crochet sur France Inter

Une chanson s’intitule Je prends mon temps. Une réalité ou un vœu ? 
Un peu les deux. Parfois, je voudrais aller plus vite, je me montre impatiente. Par ailleurs, je me suis rendu compte qu’à chaque fois que je prenais mon temps pour faire quelque chose, c’était bénéfique. Depuis un an, nous traversons une période où il faut ralentir : on ne peut plus voyager, ni travailler comme avant. On est obligé d’envisager le temps avec une valeur différente. 

La route jusqu’à Orages vous a semblé droite ou sinueuse ?
Comme dans toutes les disciplines artistiques, on peut emprunter divers chemins. Il y a des choix à faire : mettre mon visage sur la pochette ou un paysage ? Ça n’a l’air de rien mais chaque décision change beaucoup de choses. La route est sinueuse car on rencontre plein de gens, on évolue aussi soi-même. On n’a pas forcément envie de chanter une chanson écrite il y a un an. Mais quand on fait ce qu’on a envie de raconter, la route devient plus droite. 

Que représente ce premier album pour vous ?
Enormément de choses. D’abord un rêve de toute une vie, une fierté d’avoir sorti un album, de surcroît dans un contexte difficile. Il représente un accomplissement professionnel. Je suis très heureuse de dire que j’ai fait cet album et que j’assume chaque chanson à 100%. C’est une joie absolue de savoir qu’il existe chez des personnes que je ne connais pas. C’est un feu d’artifice d’émotion. 

Vous lisez beaucoup depuis toujours. La littérature nourrit votre inspiration ?
Je vois le livre comme un compagnon. Ma bibliothèque est comme un brasier, un endroit où je peux me réchauffer et me retrouver. On n’est jamais seul avec un ouvrage. Dans mon enfance, la lecture a été une béquille pour moi. En grandissant, je me rends compte que la littérature apporte une satisfaction que je ne retrouve dans aucun autre art.  

Votre prochaine étape, c’est quoi ?
C’est d’abord – compte tenu de la situation actuelle - de garder espoir que la tournée se fasse et j’y crois très fort. Puis de me remettre à l’écriture et à la composition pour envisager un nouvel album. En fait, j’ai recommencé très tranquillement à écrire depuis septembre dernier. Se projeter sur la suite, ça donne un équilibre. 

Propos recueillis par Nathalie Truche 

Album « Orages » chez Tôt ou tard, réalisé par Dan Lévy, sorti en septembre 2020

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