Un sans-abri, un chien disparu et une bonne grosse dose d’humour noir : avec Yolo, Aymeric Lompret n’a pas choisi la facilité pour faire rire, et c’est sûrement ce qui fait mouche. Punk dans l’âme, libre dans le ton et allergique aux cases, l’humoriste lillois poursuit sa route avec un spectacle où le rire sert surtout à gratter là où ça fait mal.
Aymeric Lompret n’a pas vraiment le profil du gendre idéal, ni du garçon qui avait tout planifié. Enfant, il se passionne pour le théâtre. Quelques années plus tard, il tente une prépa HEC, avant de comprendre que les grandes écoles ne sont pas du tout faites pour lui. Exit la voie royale. Il enchaîne les petits boulots, d’ouvrier à surveillant, en passant par animateur en club de vacances, tout en continuant à monter sur scène avec une troupe amateur à Tourcoing.
Puis c’est les premiers sketchs, les premières salles lilloises et, en 2011, le déclic. Après avoir remporté le Festival du rire de Vervins, il rejoint l’équipe d’On ne demande qu’à en rire sur France 2. En 39 passages, il affine son personnage et se fait remarquer aux côtés de Vérino, Ahmed Sylla ou Artus. Il enchaîne les premières parties, Anthony Kavanagh, Olivier de Benoist, Blanche Gardin, avant de tracer sa propre route.
Présent, C’est trop pour moi, puis Tant pis : les spectacles s’enchaînent et son humour se précise. Noir, absurde, politique, parfois franchement corrosif. En 2016, il décroche le Grand Prix du Festival du rire de Rochefort et rejoint dans la foulée Les Insolents, collectif qui rassemble notamment Blanche Gardin, Pierre-Emmanuel Barré et Dédo. Autant dire que le politiquement ne fait pas partie du game.
En 2020, Lompret passe derrière le micro de France Inter et rejoint Par Jupiter !. Actualité, politique, absurdités du monde… rien n’échappe à son regard acéré. Il participe ensuite au Grand Dimanche Soir, avant de quitter la station en 2024, dans le contexte tendu qui suit le départ de Guillaume Meurice. Les deux se retrouvent peu après sur Radio Nova, où il rejoint La Dernière, aux côtés de Pierre-Emmanuel Barré et Juliette Arnaud.
Et puis il y a Yolo, son dernier spectacle. Aymeric Lompret raconte l’histoire d’un sans-abri parti à la recherche de son chien. Un point de départ pour parler de précarité, d’écologie, d’inégalités et de nos contradictions.
Puis Yolo posera ensuite ses valises à Seignosse, au Tube, le jeudi 5 novembre 2026. Une occasion de vérifier sur place une théorie simple : parfois, pour parler sérieusement d’un monde qui ne tourne pas rond, le mieux est encore d’en rire.

